À Talloires-Montmin, sur la rive la plus contemplative du lac d’Annecy, L’Auberge du Père Bise, maison Relais & Châteaux depuis 1973 et 5 étoiles, revendique un luxe discret, sans ostentation mais avec le goût du détail. Du salon de l’accueil au restaurant gastronomique, en passant par le parc, tous les espaces offrent une vue à couper le souffle sur le lac et les montagnes environnantes. Depuis 2017 Magali et Jean Sulpice sont les heureux propriétaires de cette Maison centenaire, symbole de l’art de vivre à la française. Ils nous reçoivent dans cette maison de légende, chaleureuse, accueillante, “comme chez soi”, sans jamais perdre la précision d’un grand hôtel. La « haute cuisine alpine » du Chef Jean Sulpice fait à nouveau briller 2 étoiles au Guide Michelin sur le fronton de l’Auberge.
Jean et Magali Sulpice, @Franck Juéry
10 ans après leur reprise de cette institution, Jean et Magali Sulpice ont franchi une nouvelle étape en redessinant une partie de l’Auberge en collaboration avec l’architecte Antoine Ricardou (ASL Architecture): Restaurant gastronomique Jean Sulpice, accueil, Marius Bar, boutique, nouvel espace séminaire. Ils affirment ainsi leur identité, en ancrant encore davantage l’Auberge dans son environnement.
Le restaurant gastronomique se déploie comme un refuge contemporain, épuré et puissant. L’Auberge s’affirme comme un lieu où convivialité et esprit familial dialoguent avec modernité.
Un fil conducteur relie l’ensemble, le bois travaillé en différentes essences et des tonalités vert sapin qui résonnent avec la nature alentour.
L’HÔTEL ET LE SPA EN HARMONIE AVEC LEUR ENVIRONNEMENT
La rénovation récente renforce le sentiment de sérénité et de bien être: authenticité alpine, lignes épurées, coloris harmonieux et un art du confort qui ne cherche pas l’esbroufe. Les 22 chambres et suites ont été pensées par l’architecte d’intérieur Émilie Bonaventure. L’intention : glisser dans les volumes des références au lieu, à son héritage et au territoire, lacs, montagnes, forêts pour que l’expérience se poursuive une fois la porte refermée.
LA RÉPARTITION INVITE À CHOISIR SA “VUE” COMME ON CHOISIRAIT UN CARACTÈRE
Une suite d’exception de plus de 80 m², prolongée par 100 m² de terrasse en bois avec jacuzzi privé, s’ouvre sur une vue spectaculaire du lac d’Annecy : le luxe, ici, tient autant dans l’espace que dans le silence. Six suites d’environ 40 m², toutes orientées vers le lac, offrent ce privilège rare de vivre au rythme de l’eau, dès le réveil. Quinze chambres déclinent d’autres perspectives, Roc de Chère, Tournette ou Lac, pour que chaque nuit ait sa propre tonalité.
Chambre, Auberge du Père Bise, @Nicolas Matheus
SPA Auberge du Père Bise, @Nicolas Matheus
A l’écart, au contact du parc arboré, le Spa déploie 480 m² sur deux niveaux, avec une promesse simple : se détendre sans rompre le lien au paysage. Le bassin, abrité par une vaste charpente, s’ouvre sur le lac à travers de larges baies vitrées. Une sensation suspendue, entre ciel, bois et eau. Le parcours bien-être complète l’expérience : hammam, sauna, douche sensorielle, bain froid, et bain nordique. Ici encore, la sobriété fait loi : pas d’effets inutiles, seulement des matières justes et une atmosphère pensée pour apaiser. Dans un hôtel de cette nature, les “entre-deux” comptent autant que le reste. Le Marius Bar joue ce rôle d’escale : un lieu où l’on s’installe sans programme, où l’on prolonge un moment, où la journée s’étire naturellement face au lac. Petit-déjeuner au calme, pause légère, verre en fin d’après-midi : l’adresse cultive cet art rare d’offrir du temps et de le rendre précieux.
LE RESTAURANT JEAN SULPICE : HAUTE CUISINE ALPINE.
JEAN SULPICE, UN “GUIDE CRÉATIF”
Le Chef d’origine Savoyarde fait ses débuts avec un géant de la cuisine Française, Marc Veyrat. Quatre ans après le début de leur collaboration, Jean Sulpice devient son second, au Restaurant La Ferme de Mon Père. En 2002, il prend la direction des cuisines de l’Oxalys, à Val Thorens, où il obtient deux étoiles. Quinze ans plus tard, il acquiert l’Auberge du Père Bise avec son épouse Magali.
Chez Jean Sulpice, tout part d’un mot: l’équilibre. Entre les passions et la vie de famille, entre l’exigence et le respect du vivant, entre l’élan créatif et la fidélité au territoire. Son inspiration, il la revendique d’abord comme une affaire de terrain: les saisons, ses producteurs, la montagne et le lac : des repères qui guident la cuisine autant que le geste. Sa passion pour le sport de montagne et son respect de la nature, lui permettent de saisir les nuances de son terroir et de les transposer dans ses plats.
Au bord du lac d’Annecy, la salle du restaurant Jean Sulpice s’ouvre comme un belvédère : une vue panoramique qui glisse de la baie de Talloires jusqu’aux hauteurs du Semnoz et donne le ton avant même la première bouchée. Doublement étoilée, cette table se vit comme une exploration guidée, une ascension gastronomique, précise et sensible, où chaque détail semble répondre à l’autre : le paysage, le rythme du service, la matière dans l’assiette.
Ici, la modernité n’efface jamais la mémoire. On la sent dans la façon dont le lieu se tient : une maison posée au bord du lac depuis le tout début du XXe siècle, devenue au fil des décennies une adresse d’initiés, presque un repère. Jean Sulpice le dit avec justesse : il a fallu près de dix ans pour atteindre une forme de maturité, apprivoiser l’Auberge, en comprendre les codes et surtout ne pas “bousculer” ce que plusieurs générations ont construit avant lui.
Restaurant Gastronomique Jean Sulpice
UNE ÉCHAPPÉE CULINAIRE DE BONGOUT
UNE CUISINE DE SAVOIE S’OFFRE À NOUS
Une balade gastronomique construite avec le temps, nourrie des souvenirs d’enfance du Chef et de ses plats affectifs de montagne.
Nous allons nous imprégner de la naturalité du bord du lac, du rythme des saisons en nous laissant guider à travers cette haute cuisine alpine, proposée en huit explorations. Premier pas au cœur du potager d’hiver, avec la courge. Elle se dévoile en un binôme doux de butternut : la croustillance de ses graines, la puissance d’un pralin, adoucie par un miso aux notes de sauge et de romarin.
La madeleine de Proust du Chef.
L’idée est de partir non loin de l’auberge, face aux parois rocheuses. Nous allons découvrir une nature en éveil. Comme un champignon que l’on cueille en forêt, on a envie d’accueillir ce biscuit moelleux pour retrouver ces souvenirs d’enfance, ces parfums de sous-bois et ces instants en montagne. »
Débutons notre parcours avec un Pormonier, une saucisse traditionnelle savoyarde, initialement travaillée à base de porc et de choux.
Le Chef l’a revisitée autour des escargots, ceux de Philippe Héritier, héliciculteur et également vigneron. Son vignoble se situe juste au-dessus de Talloire. Les sarments de vigne ont servi à la cuisson au vin blanc, apportant une belle profondeur aromatique. Le tout est accompagné d’un beurre maître d’hôtel aux herbes fraîches.
Accompagné d’une Roussette de Savoie, un Marestel du domaine Pasquet. Un millésime 2019, élaboré à partir d’Altesse. Le vin est rond, gourmand, il apporte la fraîcheur nécessaire pour éveiller le palais.
Poursuivons cette balade avec un légume très apprécié par le Chef: La Blette, souvent oubliée, voire délaissée. Elle est travaillée ici de manière réconfortante, comme une tarte fine de polenta. On retrouve des côtes de blettes blanchies, des feuilles farcies d’artichauts et de truffe, ainsi que des noisettes du Piémont torréfiées. L’ensemble est sublimé par une infusion gourmande à la camomille.
Partons maintenant sur le lac d’Annecy avec Florent Capretti, l’un des deux derniers pêcheurs professionnels du lac.
Avec une Féra, grillée à la flamme, accompagnée de cannellonis d’endives et de chicorées rouges. Un bouillon de légumes au vinaigre de Barolo, une infusion de chicorée et un lait de fumet de féra, viennent apporter encore plus de gourmandise.
Poursuivons avec un jardin d’hiver autour des légumes et fruits de saison.
La courge, le topinambour, la pomme de terre en matafan, la betterave cuite en croûte de sel, des poires pochées, des chips de truffe et une salade de chicorée.
Le tout avec un sabayon à l’immortelle d’Italie, cette plante aux notes naturellement proche du curry.
Le Féra de Jean Sulpice, @Franck Juéry
Ecrevisses du Père Bise, @Franck Juéry
Retrouvons Florent, le pêcheur du Lac, avec ses Écrevisses. Elles sont d’abord grillées à la flamme, puis rôties au beurre, avant d’être délicatement réchauffées au coin du barbecue. Elles sont travaillées autour de tortellinis de pinces d’écrevisses et d’oignons, accompagnés d’un condiment d’été. Le tout est servi avec un jus corsé infusé à la reine-des-prés, plante de nos montagnes aux notes naturelles d’amande.
Terminons avec l’agneau de lait, simplement rôti. Il est accompagné de cima di rapa, ces brocolis-raves italiens croquants, et d’un consommé d’agneau infusé à l’épicéa. Quelques bourgeons d’épicéa en pickles viennent renforcer et prolonger ces notes résineuses. Pour accompagner l’écrevisse servie avec une sauce puissante et l’agneau qui demande intensité et puissance, un Barbera d’Alba, un cépage emblématique de chez Andrea Sottimano, grand vigneron au cœur du village de Neive. Nous restons dans le territoire alpin, mais nous voyageons cette fois au nord de l’Italie, dans le Piémont, à la frontière de la France et de la Suisse.
L’entracte fromager avec Les bleus de Savoie avant de passer à la douceur. Le célèbre Bleu de Termignon, un fromage atypique de haute montagne. Un fromage rare, authentique, au persillade naturel. Et un Bleu de Bonneval, transformé en un nuage délicat, servi dans la crostille d’une tartelette, accompagné d’un praliné de noix, de notes herbacées et d’un sorbet à la livèche, pour une fraîcheur alpine et végétale.
Débutons la partie sucrée dans le massif des Aravis avec un panier en gavotte, à la découverte des myrtilles de montagne, travaillées en différentes textures : au naturel, en guimauve, en caviar, accompagnées de biscuits de Savoie et d’une panna cotta aux herbes fraîches, inspirée des prairies d’altitude.
Pour terminer notre Balade La Vulnéraire, cette fleur de nos montagnes que l’on retrouve dans le massif de la Chartreuse. Elle possède naturellement un parfum étonnant de noix, presque toasté. Elle devient l’élément central du dessert. Autour de la pomme en différentes textures, associée au savagnin, cépage emblématique du Jura, notamment célèbre pour le vin jaune. Le savagnin est décliné en sabayon, caramel et gelée, apportant tension, profondeur et complexité aromatique.